Lisez de l’imaginaire… ça fait mauvais genre !

Vous qui lisez de l’imaginaire à tour de bras, je suis certaine que vous avez déjà entendu parler de vos styles préférés comme étant des “mauvais genres”. Moi, la première fois que j’ai entendu ce terme pour qualifier cette littérature qui me tient tant à cœur, j’ai été horrifiée. Je trouvais ça réducteur et très dégradant. C’est bien simple, ce jour-là, mes poils se sont hérissés et j’ai eu envie de sortir les crocs. D’ailleurs, ne la qualifie-t-on pas parfois aussi de “littérature de niche”?

Alors, si vous aussi, vous en avez marre que vos romans préférés soient sous-considérés, ces illustrations sont faites pour vous !

La punkette

MissPunkette_AP002

La geekette

MissGeekette_AP002

L’otaku

MissOtaku_AP002

More to come ! Stay tuned…


La genèse du projet…

Revenons-en à ce que je vous disais plus haut…

Séparer la “grande littérature” des autres en les qualifiant de “mauvais genres”, cela a autant de sens pour moi que le clivage entre “la grande musique” (entendez par là musique classique) et les autres genres musicaux, ou que celui qui existe entre la “grande harpe” (la harpe d’orchestre à pédales) et la “petite harpe” (la harpe celtique). Pour moi, c’est un élitisme dont on se passerait volontiers. Car oui, en littérature de l’imaginaire, nous avons aussi nos pépites, qui valent bien un Goncourt ou un Renaudot! Je pense notamment à Stefan Platteau, à Pierre Bordage, à Jean-Philippe Jaworski pour ne citer qu’eux. Pour moi, ces écrivains-là valent tout autant que les ressortissants de la “grande littérature”, et ils méritent tout autant qu’on se penche sur leur œuvre. Ils sont différents, certes. Le propos n’est pas le même, et une approche différente est nécessaire. Mais au final, je constate que l’imaginaire est un excellent vecteur de messages de tous types, qu’ils soient humanistes, écologiques, philosophiques… Et ces auteurs ne s’en privent d’ailleurs pas. Grâce à certaines lectures imaginaires, j’ai pu entreprendre des voyages fabuleux, des voyages dépaysants comme ceux que l’on pourrait expérimenter dans notre bon vieux monde réel, mais aussi des voyages de l’âme, du cheminement initiatique à l’introspection profonde. L’imaginaire, ce n’est pas qu’un assemblage de monstres et de merveilles, ce n’est pas qu’un divertissement. Il y a, derrière bon nombre de romans, la volonté de faire passer des idées, des valeurs, des connaissances. Encore faut-il savoir lire entre les lignes de la métaphore… et donner aux littératures de l’imaginaire la place qu’elle mérite dans les rayons des libraires tout comme dans la mentalité des lecteurs et acteurs littéraires!

Heureusement, les choses commencent à bouger. Vous l’aurez probablement remarqué, depuis quelques temps, les initiatives se multiplient afin de réhabiliter ces “mauvais genres”. Je pense notamment au Mois de l’imaginaire. J’ai donc eu envie d’ajouter mon petit grain de sel à toutes ces initiatives lancées par les éditeurs, les auteurs et les blogueurs, d’ajouter ma pierre à l’édifice. Bien sûr, par le biais de mon blog, je m’y adonne déjà à cœur joie. Mais pour moi, qui suis tellement fan de ces littératures, ce n’est pas suffisant. Un soir où je réfléchissais à tout cela, une idée m’est subitement venue. D’où, je ne le sais vraiment pas. Sans doute d’un recoin moisi et oublié de mon cerveau. Toujours est-il qui ça a tilté dans mon esprit. Je dirais même plus, cela a fait un BANG! tonitruant à en réveiller les voisins – si toutefois ils pouvaient lire dans mes pensées. Une phrase toute simple qui s’est imposée dans mon esprit, et dont j’ai rapidement perçu la portée : “Lisez de l’imaginaire, ça fait mauvais genre”.

Et sous ce slogan, j’ai très vite visualisé une demoiselle en train de lire, habillée et maquillée dans un style dit “alternatif”. Et alors, c’est génial! Car il y a tellement de styles alternatifs que je pourrais faire toute une série de ces dessins estampillés “Lisez de l’imaginaire, ça fait mauvais genre”. Il y aurait la punkette, la gothique, la steampunk, puis pourquoi pas la med’ fan, la viking, la geekette, la “metalhead”, l’otaku… On pourrait même y inclure les sous-genres du gothique ou du steampunk, comme le cyberpunk, le batcave, le death rock, le dieselpunk… Et voilà, ça y est! Me voici encore lancée dans un projet d’une ampleur faramineuse! C’est tout moi, ça, je ne sais jamais donner dans la simplicité! En attendant, l’idée était lancée… Enfin, j’allais pouvoir, d’une part transformer cette étiquette “mauvais genre” en quelque chose de relativement sympathique et de moins dégradant, et d’une autre part faire la promotion des littératures de l’imaginaire, le tout grâce à mes illustrations.

Je me suis donc saisie de mes crayons, mes aquarelles, mes pinceaux… Et j’ai réalisé ma première œuvre, ma petite punkette aux cheveux bleus. J’en était bleue, c’était le cas de le dire! Je l’ai publiée sur ma page Facebook pour avoir quelques retours, positifs ou négatifs, pour pouvoir me situer quant à l’attractivité du projet. Et j’ai été bien étonnée de voir que mes proches étaient très réceptifs! Étant donné qu’ils sont à peu près tous tombés dans le chaudron de l’imaginaire dès leur plus jeune âge, je me suis dit : “Pourquoi pas, après tout?”.

Afin de commencer doucement, j’ai prévu une première série de six illustrations. Il y aura donc la punkette, l’otaku, la geekette, la steampunk, la gothique et la metalhead. Ensuite, je ne sais pas trop… Je vais voir si la vague est porteuse avant de lancer d’autres illustrations de ce style.